RABELADOS

DU CAP VERT

RABELADOS
DU CAP VERT

SUR UNE ILE OU L’INTERDIT FLEURTE AVEC LA LIBERTE.

Dans le village Rabelade avec les artistes participants au projet STROKAR 2017

De gauche à droite Stevo, Kanhubaï, Fico, Sabino, Misa Kouassi, Fred Atax, Josefa et Tchetcho.

Baptisés rebelles en 1941, les « Rabelados » de l’île de Santiago constituent un symbole unique de résistance au colonisateur portugais dans l’histoire du Cap Vert

On ne sait pas exactement quand est ce que le Cap Vert a été découvert mais les premiers colons y sont arrivés à la fin du 15 ème siècle. Cet archipel de 10 îles inhabitées, situé au large des côtes sénégalaises, a longtemps servi aux colons européens d’endroit où ils envoyaient les esclaves arrachés à leur terre d’Afrique, afin qu’ils soient évangélisés pour être vendus beaucoup plus cher par leurs marchands.

Malgré son appartenance au continent Africain, il était souhaitable à l’époque que le Cap Vert reste le moins africanisé possible, notamment sur l’île de Santiago où les us et coutumes comme la danse, la musique et le chant étaient interdits.
Face au peuple africain bafoué dans sa misère, les nobles européens condamnés y étaient envoyés pour vivre plus agréablement et légèrement leurs peines. On y envoyait même d’Europe, des prostituées pour éviter le métissage entre colons et esclaves que finalement on ne put éviter, c’est ainsi qu’est né le peuple créole capverdien.

En 1870, à partir du moment où les prêtres franciscains étaient envoyés d’Italie à Santiago comme sur l’ensemble des îles de l’archipel pour y évangéliser les esclaves, se sont formés les prêtres capverdiens, vêtus de noir, afin d’y organiser le catholicisme.
En 1940, quand une délégation portugaise s’est rendue sur place pour constater que tout s’était bien organisé, ils découvrent que les prêtres formés au catholicisme avaient femmes et enfants, ce qui évidemment ne pouvait être toléré, on les placera injustement au rang de rebelles. Les autorités portugaises décident donc de mettre fin à leur développement et continuité en envoyant de nouvelles missions menées par des prêtres de la ségrégation de l’esprit sain, vêtus de blanc, eux. Ils feront construire des églises payantes et des sculptures à vénérer.

Face à cette commercialisation du culte et du changement des habitudes religieuses, le dernier prêtre capverdien, décédé en 1960, a laissé avant de s’éteindre, pour message, de ne céder sous aucun prétexte à la pression et ne surtout pas suivre les recommandations de ces nouveaux prêtres venus pour changer leur état d’esprit, conseils que suivra une partie de la population qui sera pourchassée, poursuivie par l’église, déportée sur d’autres îles, discriminée, considérée comme endiablée, allant jusqu’à exiger qu’on les dénonce.

Refugiés dans les montagnes, pendant plus de 40 ans, cachés et vivant exclus de toute civilisation, afin de ne pas être dénoncés, adultes et enfants se feront appeler jusqu’à nos jours« Rabelados ».

Atelier Rabelarte

C’est en 1997, que l’artiste peintre et poète capverdienne, Misa Kouassi, découvre ce peuple et décide de lui consacrer tout son temps afin de l’aider à se développer, tout en initiant les enfants à la peinture. Ils créeront plus tard leur atelier baptisé « Rabelarte », animé par seulement 7 artistes peintres sur une petite communauté de quelques centaines d’habitants.

Tchetcho Rabelade un des artistes avec la photo de Fred Atax qu’il a choisie de retravailler

Tchetcho Rabelade, dans son atelier, au travail sur une des photos.

C’est au cours d’un voyage sur l’île de Santiago que Fred entend parler de ce peuple et ces artistes qu’il s’empresse d’aller rencontrer. Ils transcrivent dans des couleurs vives leur quotidien et mode de vie restés identiques et fidèles aux valeurs qu’ils ont toujours défendues, celles des « Rabelados » du Cap Vert qui l’ont tout de suite fasciné et qu’il a souhaité inviter à collaborer à la seconde édition du projet STROKAR.

Josefa Rabelade, une des 7 artistes choisit ses pinceaux

Baptisé rebelles en 1941, les « Rabelados » de l’île de Santiago constituent un symbole unique de résistance au colonisateur portugais dans l’histoire du Cap Vert.

Premier apport et distribution de matériel par Strokar dans le cadre de ses objectifs de coopération avec les artistes de pays émergents. Une goutte d’eau dans l’océan par rapport à ce qu’on voudrait faire mais ce n’est qu’ un début. On fera le bonheur ce jour là de Tchetcho, Fico, Kanhubaï, Josefa, Sabino et Stevo « Rabelados »